D’où vient donc notre tendance à tout compliquer ? Les choses simples nous ennuient-elles ? Simplicité semble rimer avec routine et routine est tellement péjoratif.
Mon titre est éloquent et donne directement mon point de vue mais parfois j’aimerais comprendre ce qui nous donne toujours envie de ne pas croire à la simplicité.
Car il s’agit bien de cela, lorsqu’un relationnel est simple, lorsqu’une situation est limpide, coule de source, alors on va vite se demander qu’est-ce qui ne va pas, où se cache le piège. Car finalement la simplicité n’existerait pas, ce serait une espèce d’utopie spiritualo-débile nourrissant les personnes qui s’ennuient sans le savoir.
En amitié, on va l’accepter comme un repos, un refuge, un moyen de recharger ses batteries pour mieux trouver l’énergie de compliquer nos relations amoureuses. En amour, on va provoquer des situations « stimulantes » pour attiser le désir. En sommes-nous tous rendus à un tel point d’immaturité, que le seul fait de voir une chose nous échapper nous excite alors que la sérénité nous fait perdre l’intérêt ?
Ne se sent-on vivre que lorsqu’on doit marcher sur des œufs, lorsqu’on a peur de perdre ?
Ne pourrait-on pas simplement être bien, au calme, en utilisant notre réflexion à observer l’autre pour prendre soin de lui et de sa sensibilité ? Lâcher les relations de pouvoir, pour réaliser que personne, de toute manière n’est jamais acquis et qu’il faut entretenir une relation, qu’elle soit amicale, familiale ou amoureuse pour qu’elle vive et s’épanouisse ?
Mais pour cela, encore faut-il avoir une estime juste de soi, sans se sentir inférieur ou supérieur, sans passer constamment de l’un à l’autre. Accepter qu’on ne peut être l’exact rêve de ceux qui nous entourent, être soi-même et choisir d’aimer ceux qui s’acceptent tels quels.
Car il existe une tendance dans nos domaines spirituels à vouloir être meilleur que ce que l’on est, à mettre la barre parfois très haut. Au départ, c’est une traque de l’ego puis la tâche se révélant trop difficile, on se retrouve à un carrefour, devant un choix :
Soit on admet qu’on a échoué, que c’est bien plus dur qu’on le pensait, et on garde le cap avec humilité
Soit on se dit qu’on y est arrivé parce qu’on a bien intégré la théorie, et on est très fier
Etre simple c’est aussi accepter qu’on échoue chaque jour tout en vivant quelques petites victoire sur soi, qui nous montrent à quel point nous sommes maître de nous-mêmes. Personne ne peut faire ce travail à notre place jamais…et c’est même pire, dans chaque personne, l’altérité est une nouvelle épreuve, plus ou moins facile à dépasser selon son caractère et son vécu.
Nos relations, notre vie sont le reflet de ce que nous sommes. Qui vit le pouvoir attire le pouvoir, qui craint la simplicité la fait fuir et se retrouve avec des histoire compliquées qui nous éloignent de ce qui est VRAIMENT important.
Un ami me disait, il y a peu, qu’actuellement, avec les hommes, c’est comme pour les nèfles, il faut attendre le dégel (!), et ce dégel, surviendrait autour de 40 ans…
Et pour les femmes ? Sommes-nous prêtes à arrêter de jouer pour brouiller les pistes ? Oserons-nous la simplicité ? Parviendrons-nous à choisir ceux qui nous permettrons d’arrêter de tomber dans le piège de la femme fatale/femme soumise ?
Je suis consciente que ces pensées, posent plus de questions qu’elles n’apportent de solutions, mais j’en suis là, de mes réflexions. Pourtant, je crois qu’il s’agit d’un travail personnel lié aux réponses que chacun va donner à ses questions.
On dit que les Druides répondaient aux questions qu’on leur posait par d’autres questions.
Je vais donc suivre la Tradition.
Je vous souhaite un beau printemps de simplicité…