De passage en Auvergne en septembre 2009, j’avais pu attraper au vol l’exposition sur la Sorcellerie de Châteaugay. En effet, c’était le dernier jour où il était possible de la visiter.
L’exposition est remarquable. beaucoup de textes explicatifs qui lèvent le voile sur des pratiques dont on parle beaucoup sans vraiment connaître le sujet, des vitrines avec des objets que l’on voit rarement, oursins fossiles, pierres de guérison, bâtons etc. Mais on y voit aussi, sans pouvoir les consulter, les grimoires bien connus: la Poule noire, les Clavicules de Salomon, Le Grand et le petit Albert, et beaucoup d’autres. Les versions sont anciennes datant souvent du XVIIIème siècle.
On peut noter une réelle intention de parler de la magie positive, qui oeuvre pour le bien, ce qui n’est pas fréquent lorsqu’on parle de magie des campagnes en général.
En cela, j’ai vraiment apprécié. J’ai pu aussi discuter un peu avec une des personnes qui a participé aux recherches et qui s’occupe de l’exposition. Nous avons pu tomber d’accord sur quelques concepts mais j’ai été un peu déçue de voir qu’on me parlait encore d’effet placebo et du fameux « tout est dans la tête »…Quel dommage après 25 ans de recherches, de ne pas avoir pu se prouver à soi-même que la magie des campagnes, ou non, relève avant tout d’un individu et de ses capacités personnelles, profondes et spirituelles…de penser que le seul vrai guérisseur est celui qui est limité dans les maladies qu’il soigne par les conjurations et/ou prières de soin qu’il connaît, que celui qui guérit « toute maladie » non précisée est un charlatan, ainsi que tous les magnétiseurs, que les chamans soignent avec des prières uniquement, que sans le don on ne peut pas guérir magiquement, que cela ne se travaille pas, que le magnétisme ne se sent pas etc.
En somme, je crois que c’est problème de la démarche scientifique lorsqu’on veut rendre compte de pratiques de ce type: on s’en tient à ce qui se voit, s’entend, se touche, voire se goûte. Et le sixième sens alors ? Malheureusement seuls ceux qui l’ont développés peuvent le reconnaître, cela va de soit, puisque celui dont les yeux ne fonctionnent pas, ne voit pas non plus. Alors on finit par résumer que « c’est dans la tête « . Ce qui n’est pas faux en soi, cependant il faudrait que la connotation que l’on y met habituellement ne transpire pas autant de cette phrase pour qu’elle soit vraie. Oui, c’est dans la tête mais aussi dans le ventre et dans l’âme de celui qui guérit.
Pour ma part, je crois que le don est une mission qui met le guérisseur au service de sa communauté, qui fait que c’est un excellent guérisseur. Pourtant, on peut aussi guérir sans être un Mozart de la guérison, comme on peut se faire plaisir avec la musique sans avoir du génie. Quelqu’un qui a un don mais ne l’exploite pas peut finir par perdre des facultés alors que celui qui travaille et expérimente, en gagne. A mon avis, il n’existe pas « un monde de la sorcellerie » et « un monde réel ». Les deux sont identiques, ce qui les dissocient ce sont les yeux de ceux qui les regardent.
Voici le site de l’exposition:
http://www.serest.org/pages/expo_sor_01pag.html
Et le livre qui vous passionnera sûrement!
http://www.morganelafey.com/boutique/produits/7224/Sorcellerie-en-Auvergne.html

