Que l’on parle de la religion, de philosophie, de mystique, de chemin ou de quoi que ce soit d’autre, le Paganisme garde des principes de base communs à beaucoup de Traditions. Ceux développés ici sont en tout cas ceux auxquels je crois.
I Le principe du Divin dans le Paganisme
Pour tout croyant il existe un pouvoir dépassant la compréhension dans la nature. Mais comparons le Paganisme avec les trois grandes religions monothéistes (Christianisme, Judaïsme et Islam).
Le Christianisme est basé sur la vie, la mort, la résurrection de Jésus et le message de celui-ci. Les codes de cette religion proviennent d’un message d’Amour et de bonté, enseigné par Jésus ainsi que de l’Eucharistie, du rassemblement fraternel le dimanche et pour certaines fêtes. Le culte est basé sur le mystère de la Sainte Trinité (Le Père –Dieu-, Le fils -Jésus- et Le Saint Esprit). La cosmogonie (création mythique de l’univers) est expliquée par la Création en sept jours de la terre opérée par Dieu lui-même.
Pour le Judaïsme et l’Islam c’est un peu pareil : ils croient à l’intervention de Dieu dans l’histoire humaine grâce à un prophète. Le message de ce prophète devient le code à suivre. On croit en Dieu et on révère le prophète également.
Le Paganisme a un fonctionnement complètement différent. D’abord il recouvre toutes les religions qui ne sont pas le Christianisme, le Judaïsme et l’Islam. On y trouve donc le Bouddhisme, l’Hindouisme, le Taoïsme etc. Même si toutes ces religions sont différentes elles ont assez de points communs pour être assimilée au Paganisme. Cependant lorsue je parle de paganisme, je décris une religion du sol, celle de mes ancêtres gaulois puisque je vis en France. Je ne dis pas que ma manière de voir leur religion est exactement fidèle à leurs pratiques et croyances, mais j’essaie de m’en rapprocher le plus possible grâce aux recherches archéologiques et à mes propres interprétations.
Toutes ses religions sont pratiquement toutes venues naturellement en se développant en même temps que les hommes et n’ont pas de prophète à proprement parler (on parlera du Bouddhisme mais vous serez d’accord que cela n’a rien avoir avec les prophètes des trois religions monothéistes !) qui répand la parole de Dieu et demande l’obéissance aux règles dictées par Celui-ci.
Dans le Paganisme l’intervention Divine demeure une partie de la religion sans être la base de celle-ci.
La Divinité ne demande pas à tout le monde de suivre un code elle le propose à ceux qui La respectent et L’honore.
Pour les Païens, La Divinité est un principe duel (dans le sens de Deux pas d’opposition, les Dieux se complètent) de la Nature que l’on retrouve partout et aussi bien dans une pierre qu’un bout de papier ou nous-même mais cela peut prendre plusieurs formes également. Le Divin fait partie de la Nature et est la Nature. Tout est Un.
Le Paganisme est une religion moniste (tout ce qui est, sous l’apparence de la multiplicité, se ramène à une seule réalité fondamentale) alors que les trois autres religions citées considèrent que Dieu a créé le monde, la nature et nous. Il est au-dessus de nous. Cette réalité fondamentale ne se rapporte pas au concept d’unique à proprement parler, c’est un peu plus compliqué. Elle fait référence à une force qui englobe tout, qui est Source de tout, qui est à la fois indivisible et pourtant divisée en particules de taille et d’importance différente. En somme, pour moi, on ne peut ni parler de polythéisme ni de monothéisme, ces deux visions seraient des tentatives humaines de ramener la Divinité à un concept qui la réduit considérablement, et la rendrait plus accessible à nos cerveaux humains. Les Dieux sont notre lien suprême avec la Source fondamentale qui est à la fois la Grande Déesse Mère accouchant des Dieux, et l’énergie masculine. Cependant, de nombreux païens ne sont pas d’accord avec cette vision bien qu’il me semble logique que toutes les religions pré-chrétiennes répondent à ce shéma. C’est la manière dont j’ai expérimenté la Divinité et les Divinités, chacun voit midi à sa porte…
Au fond de moi je vois la Déité Une qui n’a pas de nom, d’image, de sexe. Une sorte de force primordiale ineffable source d’inspiration des monothéistes. Découle d’elle d’une manière ou d’une autre deux principes : la Mère et le Père. A la fois ils viennent de cette Source et en même temps ils sont cette Source. Tous les Dieux des autres religions païennes revêtent un aspect de ces Déités primordiales. Toutes peuvent se fondre dans le Grand Tout car tout est Un au final. Comme chaque chose peut êter à la fin Une et la somme de ces parties, mais le tout est bien supérieur à cette somme.
A savoir aussi la philosophie des religions païennes est « tout est un » mais la théologie (dieu) ou théalogie (déesse) peut être différente d’une religion à l’autre. Ainsi certaines personnes croiront en plusieurs Dieux et d’autres se limiteront à deux, c’est le cas de la Wicca (sauf dans certains courants qui on exclut le Dieu du culte).
Mais attention les Déités ne sont pas uniquement ” blanches “. Comme la nature, elles nous dévoilent leurs bons côtés mais aussi leur côté obscur (pour reprendre une formule qui a fait ses preuves !). Tout autour de nous est ambivalent alors pourquoi l’Autre Monde ne le serait pas, sachant qu’il est réplique du notre, interdépendants…
Et puis dans chaque situation négative il existe un apport positif, dans chaque séparation, chaque catastrophe naturelle, dans chaque conflit… Les Dieux celtes que l’on prie souvent dans nos religions ne sont ni bons ni mauvais, dans toutes les histoires celtiques chacun fait ce qu’il a à faire, en tant qu’élément faisant partie d’un ensemble, ils sont tous utiles quels que soient leurs agissements.
Diverses pratiques nous rapprochent des Dieux : la méditation, la prière, la célébration des fêtes, la magie mais aussi la lutte perpétuelle contre les mauvais côtés de notre personnalité, l’observation d’une araignée tissant sa toile, regarder un chaton jouer, un enfant concentré sur son activité du moment, bref admirer ce qui nous entoure et sentir le Divin en cela.
En regardant autour de soi avec conscience et amour, on sent notre rôle de protecteur, le besoin qu’à la Nature d’être protégée même si elle finit par reprendre ses droits.

